Jean-Charles Druck : “Je ne suis pas un mannequin ethnique!”

1385148_558567280863392_522615941_n

Jean-Charles Druck est bien plus qu’une égérie!

Connu pour son franc parlé, le top model phare de la Black Fashion Week 2013 de Paris, nous donne sa vision du milieu de la mode, qui selon lui n’est pas fait uniquement de strass et de paillettes. Entre hypocrisie et racisme l’envers du décor semble bien moins alléchant une fois qu’on y est plongé… C’est un peu le message que Jean-Charles fait passer à travers cette interview exclusive.

Known for his habit to speack frankly, the key model of Paris Black Fashion Week, share his vision of the fashion environment, which is according to him, not only made of glitters. Between hypocrisy and racism, the hidden sides of Fashion industry seems much less wonderful when you are a part of it… This is a the message that Jean-Charles has tried to spread out through this exclusive interview.

“Dans ce mileu là il y à beaucoup d’hypocrisie”

“In this environment there is a lot of hypocrisy”

Imara Médias: Qu’est ce que tu aimes le plus dans ton métier?

Jean-Charles Druck: Les paillettes! (rires) non, je pense que la rencontre humaine, parce que c’est un mélange de relations professionnelles et d’amitié, humainement parlant on rencontre beaucoup de gens d’univers différents! Des chanteurs, des artistes, des musiciens, des journalistes, des créateurs… Et avec les voyages que je fais, je rencontre des gens différents. Au Gabon, j’ai rencontré des femmes dans un village qui avaient une culture autre que celles d’une femme que je peux rencontrer par exemple lors d’un défilé,  en bustier et des talons aiguilles ! (rires) C’est un melting pot de gens d’univers et de cultures différentes.

Imara Médias: What do you love more about your job?

Jean-Charles Druck:Glitters! (Laughs) No, I think it is the human part, because it’s a mix of professional and friendly relashionship. Humanly speaking, we meet many people from different worlds! Singers, artists, musicians, journalists, designers… Beyond that, as I also travel a lot, I can meet different people. In Gabon for instance, I met women in a village with a different culture, and it was not at all in the same conditions like when I meet a woman a strapless top and heels during a fashion show! (laughts) It is a melting pot of people from different worlds and cultures.

Imara Médias: Qu’est ce que tu détestes le plus?

Jean-Charles Druck: L’hypocrisie. En fait c’est un milieu où “tout le monde est beau, tout le monde est gentil” et au final on se rend compte qu’il y a beaucoup de couteaux qui sont balancés dans le dos, comme dans le  film “Le secret des poignards volants” (rires) C’est un peu ça! Souvent tu rencontres des gens qui te promettent ou qui t’offrent une amitié et ces personnes sont les premières à casser du sucre sur ton dos. Cette hypocrisie, elle est en fait latente, tu peux la sentir dans l’air, tout le monde est trop gentil à des moments, ce n’est pas possible!

Imara Médias: What do you hate more?

Jean-Charles Druck: Hypocrisy. Actually, it is a place where “everyone is beautiful, everyone is nice”, but in reality you realize that there are many knives that are threw in your back, like in the movie “House of Flying Daggers” (laughs) It’s pretty like that! Often you meet people who promise you or offer to you friendship and these people are the first to beat up on your back. This hypocrisy is actually latent, you can feel it in the air. Everyone is too nice sometimes, what is not possible!

Imara Médias: C’est une question d’égocentricité à ton avis?

Jean-Charles Druck: Je pense que ça va au delà de ça, d’une façon où d’une autre on a tous une part d’égocentricité, surtout quand on est sous les feux des projecteurs on essaye de tirer son épingle du jeu, et parfois on s’aime “plus que la normale”, mais ça va plus loin. Ce n’est pas parce qu’on s’aime, qu’il faut forcément écraser l’autre parce qu’il brille plus. Dans ce mileu il y a beaucoup d’hypocrisie. Je préfère qu’on me dise qu’on me déteste plutôt qu’on fasse semblant de m’aimer.

Imara Médias: According to you is it about egocentricity?

Jean-Charles Druck: I think it is beyond that, we all have a part of egocentricity, especially when we are under the spotlight we try to take advantage of some situation when it can be good for us, and sometimes we love ourselve more than we should, but it goes further. Even if you love yourself you can’t just destroy someone else because you shine less than him or her! In this environment there a lot of hypocrisy.

Imara Médias: En fait c’est l’un des milieux les plus impitoyables?

Jean-Charles Druck: Je ne connais pas les autres milieux, mais c’est vrai que celui-ci est particulièrement impitoyable. On a pas le droit à l’erreur, et quand on pense ne pas en avoir commis, c’est là qu’on te met le nez dedans!

Imara Médias: Actually it is one of the most ruthless environment?

Jean-Charles Druck: I don’t know the other environments, but it is true that one is particularly ruthless. We have no right to make mistakes, and when you think have not committed any, it is the moment people put your nose on it!

 Patou Manga

Imara Médias: Est-ce qu’un “bon mannequin” c’est quelqu’un qui existe en affirmant sa personnalité, où est-ce-que c’est quelqu’un qui sait parfaitement se fondre dans le paysage?

Jean-Charles Druck: Ouaouh!  Tu tapes en plein dans le mille! C’est une question super difficile… Je pense que sur le podium il faut avant tout faire vivre le vêtement que tu portes, c’est à dire qu’on doit pas forcément voir le “Jean-Charles” qui se cache derrière le vêtement, car à la base c’est ça être mannequin: montrer un vêtement et pas se montrer. Mais en même temps il faut quand même une sacrée personnalité pour vivre et exister en tant que mannequin. Lorsque je regarde mes accoutrements (rires), que j’appelle “mon style vestimentaire”, c’est quand même parfois dur à assumer, et ça reflète ma vraie personnalité, même si je garde à l’esprit que je suis mannequin et que ma profession est avant tout de faire vivre le vêtement des créateurs. En fait c’est un “mix” des deux!

Imara Médias: Is a “good model” someone who exists asserting her or his personality, or is it someone who knows perfectly how to to melt into the background?

1069208_503274519749023_51805949_n

photo: Thierry Ricordeau

Jean-Charles Druck: Wow!  You just banged in the right target! This is such a tough question … I think when we are on the catwalk we must first make the clothes we wear becoming alive, people don’t need to see the “Jean-Charles” behind the clothes, because basically, being a model is about to show clothes and not to show yourself, but at the same time we still have quite a personality to live and exist as a model. When I look at my outfits, that I call my style of dress, it is still sometimes hard to assume, what reflects my true personality, even if I keep in mind that I’m a model and my job is first of all to give a life to the designers’ clothes. In fact it is a “mix” of both.

Imara Médias: Tu as travaillé avec des photographes très connus, d’autres moins, certains sont très bavards, alors que d’autres ne disent pas un mot. Quel est le meilleur moyen pour te mettre à l’aise en shooting ?

Jean-Charles Druck: Moi j’ai fais beaucoup de photos, pour des magazines, pour des photographes et j’ai fais aussi beaucoup de photos dénudés, ce qui est encore plus délicat dans le sens où c’est ton corps qui est en mouvence et pas forcément un vêtement, et là c’est beaucoup plus difficile quand on ne connait pas le photographe. Je pense que le plus simple est de mettre à l’aise le modèle, c’est comme ça que j’aime travailler! Avec de la musique, dans un contexte très chaleureux, voire amical.

Imara Médias: You have worked with famous photographers, other are less, some are very talkative, while others do not say a word. What is the best way to put you at ease shooting?

Jean-Charles Druck: I have done a lot ofshootings for magazines, for photographers, dressed but also naked, which is even more difficult because in this case, people are focused on your body, not on clothes, and it is much more difficult when you don’t know the photographer. I think the easiest way is to make the model comfortable, this is how I like to work! With music, in a very warm environment, or friendly”

Imara Médias: As-tu un souvenir d’une séance ayant débouchée sur une photo mémorable?

Jean-Charles Druck: L’une des photos que j’aime le plus, c’est celle de la campagne AIDS pour la lutte contre le VIH. J’étais fier d’y participer, car c’était un shooting de grande envergure avec notamment la Princesse Stéphanie de Monaco et Claire Chazal. Et puis la façon dont ça s’est passé m’a marquée car j’étais complètement nu, aux côtés de Christiane Marty-Double, une dame d’une soixantaine d’année pionnière sur la recherche du VIH. C’était assez loufoque et à la fois très touchant!

Imara Médias: Do you have a memory of photo shooting, that has lead to an unforgetable picture?

Jean-Charles Druck: One of the pictures I like the most, is the one for AIDS campaign to the fight against HIV. I was proud to participate because it was an important shooting including the Princess Stephanie of Monaco and Claire Chazal. And the way it happened struck me as I was completely naked, with Christiane Marty-Double, a lady of sixty years pioneering in research on HIV. It was pretty crazy and at the same time very touching!

425803_267591023317375_395417721_n

Imara Médias: Coup de coeur photographe du moment?

Jean-Charles Druck: J’aime beaucoup ce que fait Exterface, mais vraiment mon coup de coeur photographe du moment, c’est François Rousseau, le photographe des “Dieux des Stades”2011 avec qui j’ai travaillé, il y a environ deux mois.

Imara Médias: Favorite photographer of the moment?

Jean-Charles Druck: I do like Exterface work, but really my favorite photographer moment is François Rousseau, photographer of “Gods Stadiums” with whom I worked about two months ago.

Imara Médias: Coup de coeur styliste du moment?

Jean-Charles Druck: Alexander Mac Queen! ça ne change pas! car je trouve qu’il y a une vraie recherche.

Imara Médias: Favorite designer of the moment?

Jean-Charles Druck: Alexander Mac Queen! it does not change! because I think there is a real search.

Imara Médias: Parce que son travail reflète ta personnalité?Jean-Charles Druck: Dis comme ça, ça fait de moi une espèce de Lady Gaga! (rires). Mac Queen reflète ma personnalité mais à travers des touches, de la subtilité.

Imara Médias: Is it because his work reflects your personality?

Jean-Charles Druck: Said like that, it I would be kind of Lady Gaga! (Laughs). McQueen reflects my personality but through subtility.

Imara Médias: Coup de coeur mannequin?

Jean-Charles Druck: J’aime bien Chanel Iman.

Imara Médias: Favorite model of the ?

Jean-Charles Druck: I like Chanel Iman.

Imara Médias: On parle pas mal de toi dans la presse, française et africaine, certains magazine on fait des articles où ta tenue vestimentaire était critiquée décryptée, comment vis tu cette surexposition?

Jean-Charles Druck: Au début c’était difficile, mais avec du recul je m’en amuse! Effectivement, quand un homme porte un pantalon doré, il ne peut pas s’attendre à ce que ce soit vu de façon positive dans une société où les esprits étriqués sont encore nombreux! Peut être que je me vois trop loin, mais ma mode à moi c’est avec une jupe Marc Jacobs et un corset Jean Paul Gaultier! Eh oui je ne porte pas le pantalon classique noir à pinces que les “hommes chic” porteraient à certains évènement, donc forcément on me critique! De toutes façon, que je fasses bien où mal on me critique, donc autant faire comme je veux!

We talk a lot about you in the press, French and African, some magazine articles where we make your dress was criticized decrypted, how do you live this exposure?

Jean-Charles Druck:At the begining it was difficult, but with hindsight I’m having fun about it! Indeed, when a man wears a gold pants, he can not expect  to be seen positively in a society where there are still many narrow minds! Maybe my vision of myself goes too far, but my fashion is about a Marc Jacobs skirt and a Jean Paul Gaultier strapless top! Yes I do not wear the classic black pants that “chic men” would wear to some event, so obviously people criticize me! Whatever I do right or wrong I will be criticized, so I do what I want!

734950_422421564500986_424456771_n

398261_479320812144394_1843256420_n

Photo: Romain Nicolas

“Je ne suis pas un mannequin Ethnique!

I’m not an Ethnic model!”

Imara Médias: Aujourd’hui certains médias t’on collé au front l’étiquette de “mannequin ethnique”. Comment te définis-tu toi même?

Jean-Charles Druck: Moi je me définis déjà comme un être humain. Pourquoi dois-je être forcément “ethnique”? Parce que je suis Libanais-Sénégalais? Parce que je défile pour les créateurs Africains? Je n’aime pas être assimilé à une seule chose, c’est comme ceux qui pensent connaître ma sexualité. Et puis, “mannequin ethnique”, qu’est-ce que ça veut dire? Effectivement quand on regarde les podiums internationaux, on peut dire que les mannequins noirs se font rares, pourtant Jean Paul Gaultier, Martin Margiela où encore Yves Saint Laurent, ont montré l’exemple avec pas mal de Blacks sur leur podiums. Pourquoi aujourd’hui faut il qu’il y ai une “demande d’ethnique”? Je suis pour le “black power” car je suis Africain dans l’âme, mais je ne suis pas un mannequin Ethnique! Je vais là où on me demande, et il se trouve que je suis très demandé en Afrique. Il y a un vrai souci concernant la question de l’ethnicité sur les podiums, mais d’où vient-il? Récemment on à vu Iman et Noami Campbell complètement ahuries et dénonçant le racisme anti-noir sur les podiums, mais pourquoi elles ne se sont pas manifestées plus tôt? Pourquoi aujourd’hui? Tyra et Naomi par exemple ont eu des frictions car elles étaient en concurrence, donc on devine que le fait qu’il n’y ait pas plus de mannequins noirs à l’époque les arrangeaient. On en revient donc à la question de l’hypocrisie! Lorsque la porte s’ouvre pour nous, on ne fait pas rentrer les autres, c’est pour celà que “l’ethnicité” est perçue comme une particularité et non une normalité.

Imara Médias: Today some media is bonded to the front of the label “ethnic model” you . How do you set yourself?

Jean-Charles Druck: As a human being. Why should I necessarily be “ethnic”? Because I am half Lebanese half Senegalese? Because I worked for African designers? I don’t like to be treated as one and only thing, and it’s the same regarding my sexuality. And “ethnic model”, what does that mean? Indeed when we look at international catwalks, we can say that black models are more and more rare, despite Jean Paul Gaultier, Martin Margiela or Yves Saint Laurent showed the way with a lot of Blacks on wearing collections. Why is there now an “Ethnic order”? I am in favour of “black power” because I am proud to be African, but I’m not an Ethnic model! I go where I am wanted, and I am very wanted in Africa. There is a real problem about  ethnicity on the catwalk, but where does it come from? Recently we saw in Iman and Naomi Campbell completely bewildered and denouncing the anti-black racism on the catwalk, but why didn’t they express earlier? Why today? Tyra and Naomi had such frictions because they were competing, so we guess the fact that there is no more black models at the time was a good thing for them. Her we go again with the hypocrisy issue! When a door opens for us, we do not let the others come in, this is why “ethnicity” is seen as a distinctinve feature and not something normal.

Martial Tapolo

Imara Médias: Ton must have de la saison automne hiver?

Jean-Charles Druck: Cette année je suis très cape! C’est une mode qui rappelle les Dandis, et ça n’existe quasiment plus même si les créateurs ont éssayé de la faire revenir à plusieurs reprise, mais je pense qu’une belle cape pour cet hiver serait pas mal.

Imara Médias: Ton must have for the autumn winter season?

Jean-Charles Druck: This year I am so found of the cape! It is a fashion reminding us Dandis, and it is more and more rare even if the designers have tried to make it come back at several times, but I think a beautiful cape for this winter would be very cool.

Imara Médias: Dans 10 ans tu te vois comment?

Jean-Charles Druck: Papa! avec un gamin super fashion! (rires)

Imara Médias: In 10 years you you see how?

Jean-Charles Druck: Daddy! with a super fashion kid! (laughs)

Imara Médias: Des projets à venir?

Je pense changer d’environnement, j’ai vu pas mal de choses à Paris où en Afrique, et là je ressens le besoin d’aller vers des endroit qui sauront me faire vibrer! Je commence à être en manque d’adrénaline! (rires)

Imara Médias: Next coming for you?

Jean-Charles Druck: I thinking of changing my environment, I saw a lot of things in Paris and Africa, and now I feel the need to go to a place that will make me vibrate! I began to be in lack of adrenalin! (laughs)

IMARA KATAAINAMA

Advertisements

One thought on “Jean-Charles Druck : “Je ne suis pas un mannequin ethnique!”

  1. Catherine GUEYE says:

    J’ai aimé le côté naturel, franc et anticonformiste des réponses de Jean-Charles. Il voit la profession de mannequin avec beaucoup d’humour et de réalisme. Il porte tous les styles de vêtement avec aisance et c’est certainement cela qui fait sa réputation de mannequin très demandé par les créateurs et les photographes. Bravo à lui car il refuse l’hypocrisie, le clivage racial et la médiocrité dans un monde où ce sont ces valeurs qui prédominent actuellement. Merci au journaliste qui a fait l’interview car les questions sont intelligentes.
    Bonne continuation à tous les deux..

Exprimez-vous

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s