La vie magique d’Elyon’s

 “Ebène Duta, est un projet qui est né comme une blague”

Elyon's

Il y a d’abord ce sourire éclatant, cette personnalité foncièrement empathique, et ce regard vif et plein de vie chez Elyon’s, la sympathique Bédéiste de : La vie d’Ebène Duta. Puis, très vite, on découvre au-delà du talent évident de cette artiste, une jeune femme inspirée et cultivée, dont l’aspiration ultime va bien plus loin que de coucher sur papier les (més) aventures d’une anti-héroïne attachante et douée pour la malchance. Rencontre.

Minisode-26---Sexy-Ebene

Bonjour Elyon’s, comment ça va?

Coucou! Ça va très bien, et toi ?

 Tout d’abord, peux-tu te présenter en quelques lignes aux lecteurs d’imara-médias.com?

Je suis Elyon’s, dessinatrice de BD.

Joëlle E. dans la vraie vie. Mais la vraie vie n’est pas aussi drôle que la BD. Donc Elyon’s, c’est bien. (rires)

 Justement, pourquoi ce choix d’Elyon’s comme nom d’artiste?

Elyon’s…hum, c’est simple dans ma tête en fait. Elyon est un mot Hébreu qui signifie ” Le Très Haut” en référence à Dieu. Pour moi, Elyon’s signifie “propriété du très haut”.

Un clin d’œil à ma foi, mais aussi sur le fait que comme Dieu, je crée des mondes, des gens, des vies, je les fais et les défais pour entretenir l’intérêt des lecteurs.

 Justement, je voulais savoir si les noms et leurs significations ont une importance particulière pour toi? J’ai lu ton interview sur okabol.com et tu mentionnais leur importance en référence à ton personnage principal : Ebène Duta.

Oui. Pour moi, le nom qu’on porte a une signification et une influence plus ou moins évidente sur la personnalité et la vie de la personne. Duta, qui se prononce “Douta” dans ma langue maternelle (la langue Duala au Cameroun), Duta signifie dessin. Et Ebène, comme le bois d’ Ebène.

Parlons maintenant de ton projet : “La vie d’Ebène Duta”. Comment est né ce concept?

Ebène Duta, est un projet qui est né comme une blague. J’étais déjà à St Luc à Liège (Belgique) en option BD, et un de mes profs me disait à chaque fois que mes personnages ne me ressemblaient absolument pas. Déjà, je racontais des histoires horribles, dramatiques, avec des filles super belles et toujours bien en chair, alors que j’étais plate, et que je faisais rire tout le monde toutes les 5 minutes. Il m’a encouragée à créer un personnage qui aurait au moins la même base que moi au départ, même si dans le fond de l’histoire, il/ elle évoluerait différemment. C’est ainsi que je me suis fait violence pour créer un personnage au physique “ingrat”, ou du moins qui ne se considère pas comme une beauté.

Ce projet est plein de fraîcheur. Et ton talent s’y épanoui vraiment. As-tu toujours aimé le dessin et la bd?

Oh, merci! Je suis passionnée de BD et dessin animé depuis que je suis toute petite, et j’ai commencé à dessiner et faire des BD’s de 2 cases à l’âge de 9 ans. Mais depuis 2006, je m’y prends plus sérieusement. Au point de vouloir en faire un métier à temps plein…Même si je sais bien que j’ai encore du chemin à parcourir à ce niveau là.

Tu as toujours voulu en faire ton métier?

Oui, que ce soit en Afrique, en Europe ou ailleurs. Faire de la BD un métier à temps plein demande une bonne dose de courage, des nerfs solides, et une source parallèle de revenus plus ou moins stable. On va dire que je travaille à la stabilisation de la source parallèle. (rires)

Justement, pourquoi être retournée au Cameroun pour y développer ton projet? Qu’est-ce que cela t’apporte en tant que femme et artiste?

Je suis entre les deux en ce moment. Quelques mois ici (Belgique), quelques moi là-bas. Il y a plusieurs dessinateurs autodidactes talentueux au Cameroun. Mais il n’y a pas encore réellement d’environnement spécialisé pour leur permettre de s’exprimer au mieux afin d’être lu et compris, aussi bien en Afrique qu’en Occident. Je me suis battue pour recevoir la meilleure formation possible dans mon domaine. Je rentre pour partager ce savoir avec ceux qui en ont besoin. En tant que femme, on va dire que sur le continent, nous sommes moins de 10 dessinatrices professionnelles actives. Donc si le fait que je m’accroche, que je dessine et partage mon travail suscite des vocations féminines, c’est encore mieux !!!

Tu as participé au festival international de la BD au Cameroun, les MBOA. Raconte-nous cette expérience?

Le Mboa Festival était vraiment une expérience très enrichissante pour moi. C’est un Festival de BD au Cameroun, qui en est à sa 3e édition. J’avais été exposée l’année dernière, et cette année, j’étais invitée pour participer à des ateliers BD’s, conférences, rencontres avec les jeunes auteurs etc. Je voyais les prémices des fruits que j’avais contribué à planter quelques années plutôt. Des jeunes passionnés qui communiquent, publient, et se font doucement connaître sur le plan national et international. J’étais comme une enfant dans une confiserie…à chaque festival j’avoue, c’est le cas…mais là, dans mon pays ça avait une saveur particulière. J’étais fière de participer à ce type d’évènement dans mon pays, où la BD a été pendant très longtemps absorbée par la caricature ou le dessin de portraits. Désolée, je parle trop (embarrassée). Ce n’est pas ennuyeux, j’espère ?

Non, c’est même très enrichissant et intéressant. J’imagine qu’avoir la reconnaissance de ses pairs et de sa communauté est ce à quoi aspire chaque artiste?

Oui! Surtout quand, sur 20 auteurs, on est quasiment la seule femme, non pas scénariste, mais bien Bédéiste. Ça booste et donne des ailes pour la suite, ça c’est sûr !

Revenons-en à la vie d’Ebène Duta. Peux-tu présenter en quelques mots aux lecteurs la trame de l’histoire et les personnages principaux?

“La vie d’Ebène Duta” raconte l’histoire d’une jeune noire à l’étranger. Elle y fait la rencontre de Luncinda (Lulu), Camille- Andréa, et aussi celle de sa sulfureuse cousine Claire Mùla. Je vais juste préciser le rapport entre Claire et Ebène pour le moment, vu que ce sont ces deux personnages qui sont le plus souvent mis en avant. Mùla en Duala veut dire “L’huile”. Donc, la cousine s’appellerait en français : l’huile claire, qui est très souvent une huile raffinée. L’huile fait aussi référence à tout ce qui est gras, d’où ses formes généreuses. Mais le plus simple est encore le fait qu’Ebène soit claire de peau, et que Claire ait une peau couleur ébène. J’ai pris beaucoup de plaisir à créer cette dichotomie entre ces deux personnages si différents en apparence. Ça va même dans la psychologie des personnages, puisque Claire est la cousine qui est plus transparente -elle est très cash et franc-parler -, alors qu’Ebène est plus difficile à cerner. On sait juste qu’elle n’a vraiment pas de chance et qu’elle râle un max.

Ça, c’est brillant quand on comprend la signification des noms et qu’on y fait attention.

Merci. C’est vrai que quand on a la signification des noms, ça permet de comprendre un peu mieux les personnages de la vie d’Ebène. Et si on éprouve toujours du plaisir à lire ses (més)aventures avec toutes les informations que je viens de donner, je suis doublement ravie et très honorée que ça plaise.

As-tu des similitudes au-delà du physique avec ton héroïne?

En dehors des grimaces, physiquement, nous ne sommes plus pareilles. Je suis passée de cure-dent à saucisse. Mais j’avoue qu’Ebène et moi partageons ce goût prononcé pour les situations “pas d’chance”, même si les siennes sont beaucoup plus agréables à raconter. (rires)

Une dernière question pour clore cette interview : Ta page facebook*, sur laquelle tu racontes “La vie d’Ebène Duta”, connaît un réel succès. Quel est l’avenir pour ce projet en 2013?

Eh bien, que du bonheur j’espère ! Je ne m’attendais pas à traverser la barre des 1000 fans avant l’année prochaine. J’étais vraiment agréablement surprise de voir ça. Pour le moment, j’ai quelques pistes intéressantes qui, si elles aboutissent, pourraient faire passer Ebène Duta du virtuel au papier ! En attendant, je continue à dessiner et à alimenter ma page facebook. J’avance aussi sur d’autres projets d’illustrations et de BD’s pour l’année prochaine.

C’est génial! Merci aux indications du prof de St Luc. Et bon courage à toi pour la suite!

Oui ! Il était bien inspiré (rires). Merci à toi. Et merci pour cette interview!

Minisode-44---mauvaise-journeģe

 

Propos recueillis par Tibwa Nzapa

Retrouvez les aventures d’Ebène Duta ici: La vie d’Ebène Duta / Le blog d’Elyon’s

Advertisements

One thought on “La vie magique d’Elyon’s

Exprimez-vous

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s